Je sors d’un rendez-vous avec le tenancier de « Chez Maître Paul », suite à plusieurs conversations téléphoniques pour réaliser un évènement chez ce Monsieur (qui n’est pas Maître Paul mais un Monsieur dont je tairai le nom pour son bien) et là…
Vomissements syllabiques, dont s’échappe un « ça ne m’intéresse pas ».
Etonné de ce qu’il vient d’expectorer (le tenancier, le « patron »), je lui demande « Pourquoi m’avez-vous fait venir ? d’autant plus qu’au téléphone vous me disiez par deux fois être d’accord ». Il hausse le ton et à travers ses onomatopées éructives, sort un « baaaaah pace queuh… bon… moi je veux gagner plus d’argent ! ».
Noble ambition Cher Monsieur, 800 euros laissés dans votre restaurant ne vous suffise pas, très bien, ayez la politesse de me prévenir avant ce rendez-vous inutile à nos deux personnes.
Ce Monsieur qui tient également la brasserie des Racines dans le sixième arrondissement de Paris (rue Racines), tient visiblement l’enseigne « Chez Maître Paul », en apparence qualitative.
« Non loin de Saint-Germain des Prés, proche du Théâtre de l’Odéon, et du jardin du Luxembourg, dans le quartier des grands éditeurs, notre sobre salle à manger aux grands miroirs et boiseries, décorée de tableaux contemporains, est calme et reposante. Des hors-d’oeuvre aux desserts, la cuisine de Franche-Comté triomphe dans la saveur authentique de produits et de vins issus d’une région où la table est un mouvement du coeur. »
Société d’apparence ! qui m’induit en erreur d’autant que cet endroit figure dans le guide « best restaurants in Paris ».
Le professionnalisme pousse à se remettre en question et se dire « peut-être me suis-je mal fait comprendre » ou « je me suis mal exprimé ». Non ! 16 autres restaurants m’ont tout à fait compris et j’ai d’ailleurs déjà réservé au sein d’un joli lieu Parisien qui m’a répondu par la positive comme bien d’autres.
Alors pourquoi ce coup de gueule ?
Parce que dire « non » n’est pas grave, chacun fait du business comme il l’entend et tant pis pour les nombrilistes qui s’auto-entendent sans tirer enseignement de la voix du client.
Simplement, Maître Paul, entend ses quelques conseils :
- ne fait pas perdre ton temps à tes clients potentiels
- sois présent au lieu du rendez-vous, surtout si tu l’as fixé
- sois présent à l’heure du rendez-vous, surtout si tu l’as fixé
- ne change pas d’avis sans prévenir le principal concerné : ton client !
- n’entraîne pas ton client dans une course d’orientation urbaine qui l’amène à mener une enquête pour savoir « où est celui qui m’a convié dans son restaurant pour un rendez-vous ? »
- change de stratégie. Ce n’est pas la première fois que j’entends de pseudo professionnels du métier peu scrupuleux dire « tu as la maîtrise de l’évènement, c’est toi le prestataire, c’est toi qui commande. Repousse la rencontre avec ton client jusqu’à la dernière minute pour qu’il se retrouve « dos au mur ». Ne pouvant plus faire machine arrière, il acceptera toutes tes conditions ».
- enfin, retiens que « le client est roi », cela est d’autant plus vrai aujourd’hui, car grâce à Internet, tout se sait…
Quoi qu’il en soit, « Chez Maître Paul » la nourriture est peut-être correcte (je n’y ai jamais mangé), mais il est difficile de dissocier l’Homme de son œuvre.