novembre 15th, 2007Le Principe de Peter
“Dans une hiérarchie, chaque employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence.“
C’est ce principe que tendent à démontrer L.J Peter et R. Hull dans leur livre Le Principe de Peter.
Les auteurs tentent de démontrer que si vous vous montrez compétent à votre niveau, vous avez accès à l’échelon supérieur, et ainsi de suite, jusqu’à atteindre un niveau pour lequel vous êtes incompétent.
A partir de ce principe, l’ouvrage présente les différentes méthodes de progression dans une hiérarchie et les problèmes qui en résultent.
Il décrit également différentes manifestations d’atteinte du niveau d’incompétence, comme par exemple l’arabesque latérale. Elle consiste pour un manager, obligé de donner une promotion, à créer un poste inutile pour “ranger” son employé incompétent. Couramment, on appelle cela une “planque” ou un “placard”.
Pour ne pas être promu à un poste qui révélerait notre incompétence, Peter introduit le principe de l’incompétence créatrice, c’est à dire un ensemble de solutions (décrites dans le livre) pour s’aménager des zones d’incompétences et échapper ainsi à une promotion qui dénoncerait notre propre incompétence.
Il faut reconnaître que la théorie est quelque peu subversive, et ne pas l’admettre comme une loi universelle. En effet, les explications et les observations du livre sont simplistes et l’ensemble m’a rappelé les fameuses Lois de Murphy. Malgré tout, il y a un message intéressant à en tirer : il faut sans cesse se remettre en question et évaluer nos actions, notre travail, en fonction du contexte et des objectifs absolus (vision à terme) à atteindre.
Pour illustrer le terme absolu je prends un exemple :
l’objectif absolu d’un politicien devrait être d’améliorer la qualité de vie générale de ses concitoyens. On peut s’amuser à faire le rapport entre les décisions ayant pour but de faciliter la réélection et celles qui permettent de remplir l’objectif. Actuellement certains tentent de résoudre la quadrature du cercle : réformer avec rigueur (fin) et rester populaire (moyen).
Les incompétents seraient alors des personnes usant des moyens comme d’une fin. “La fin justifie-t-elle les moyens ou les moyens sont ils une fin ?” Cette question permettrait selon moi de conclure le livre. Néanmoins, elle ne suffit pas, à mon avis, de savoir si on est à sa place ou non.
Et vous ? Êtes vous à votre place par confort ou parce que vous souhaitez mener votre projet à bien ?
—–N.B : Si vous êtes amateur de cynisme, je vous recommande la lecture du Principe de Peter (par L.J Peter et R. Hull - Le Livre de Poche - 156 pages), et d’autres lectures comme la Loi de Parkinson à propos de la bureaucratie, que je traduis personnellement par “Quand ça ne tourne pas rond, c’est que les moyens sont une fin”.; ou encore le Principe de Dilbert : « Les gens les moins compétents sont systématiquement affectés aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts : l’encadrement. ».