je suis fasciné par le courage de tous ces commerçants qui se sont dit un jour « on y va ! ». Ils sont nombreux à tenter l’aventure. Souvent ils n’ont pas d’autres choix s’ils veulent vivre décemment. Lorsqu’ils entreprennent, c’est parce qu’ils ont tout à gagner ou qu’ils pensent avoir tout à gagner. C’est la philosophie de l’entrepreneur, et cela me plaît.

On pourrait se dire alors « à quoi sert une école de l’entrepreneuriat ? ». Je vais vous le dire : à donner le goût d’entreprendre à une population bercée par le confort d’une vie tranquille. Leur dire « comment ça vous avez quelque chose à perdre ? Au pire vous perdrez un peu de poids et de toxines ! ». On a toujours quelque chose à gagner de l’entrepreneuriat : le goût de la vie, des connaissances techniques, de l’amitié, un réseau professionnel, de l’humilité, de l’argent. En Amérique du Nord (et oui encore), que vous soyez une « grande école » ou une « petite école » à vrai dire on s’en fout ! Parce qu’il n’existe pas de distinction. Votre statut s’acquiert. Vous pouvez surfer d’une université à l’autre en gardant le diplôme de la première. Pourquoi ? Parce que l’on considère que c’est la valeur de l’individu qui compte, pas son pédigré.

J’ai entendu un jour, de quelqu’un pourtant intelligent, intéressant, et haut placé dans un grand groupe, « EDC, ce sont des enfants nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Les ratés de la famille en quelque sorte qui pour garder le même train de vie doivent se défoncer deux fois plus que les autres. J’aime ce profil. Vous les mettez à vendre des photocopieuses et ils vous rapportent le meilleur chiffre d’affaires qui soit ». Je n’ai rien répondu à cette description, j’ai simplement souris. « Lorsque tu ne peux pas tuer ton ennemi, laisse lui la porte ouverte. » Pour ma part, j’ai mangé la cuillère en bois et le bol qui allait avec, maintenant je cherche quelque chose de plus consistant à manger. Le monde me semble correct. Je connais d’ailleurs une armée de EDC et autres ressortissant de grandes « petites écoles » qui ont les mêmes crocs, aiguisés par un appétit sans fin. Mâcher une cuillère en or finit par élimer vos dents. Regardez dans les J.E., regardez bien ; regardez juste autour de vous et laissez-vous croquer ou passez votre chemin. Mais n’essayez pas de professer à un loup d’où lui viennent ses dents, même s’il a le pelage du labrador.

Au final, je gueule et je reconnais au moins cela à la politique humaine de l’Amérique.