Le monde a besoin d’entrepreneurs. C’est une vérité absolue qu’il faut éternellement promouvoir.
Jeudi 25 et Vendredi 26 Juin 2009 a lieu la deuxième édition de FACE, French American Conference of Entrepreneurship, à New-York.
Ce rendez-vous, créé l’année dernière à Paris, a pour but de rassembler de grands entrepreneurs français et américains, parmi eux leurs représentants des plus connus, autour de tables rondes, workgroups et évènements amicaux de networking rythmant ce rendez-vous de deux jours.
Cet évènement est-il porteur d’intérêts concrets pour l’entrepreneuriat et la création de valeur ?
Nous tâcherons d’en savoir plus par la présence de notre “envoyé spécial”, mieux à travers ses interviews. En tous les cas, l’existence d’évènements pour l’entrepreneuriat en France et dans le monde est une bonne chose, rien ne vaut le contact humain.
Le temps a été long pour que je puisse enfin poser ces mots sur ce « papier électronique ». Ils sont l’évidence même que nous n’avons pas le temps d’écrire, ce qui, je le conçois, signifie sûrement que vous n’avez pas le temps de lire.
Alors écoutons !
… avant cela… tout de même… une introduction ‘‘0% matière grasse’’.
Au moment de cette interview, Pier-Alain et Pierre-Olivier sont « théoriquement » deux simples étudiants en fin de cursus dans une école supérieure de commerce post bac parisienne, ils ont alors 22 ans.
En pratique, ils finissent leurs études et travaillent depuis 18 mois sur leur projet de création d’entreprise.
La volonté d’un homme de partager une idée. Une première rencontre… une deuxième rencontre… le bain encore froid, ils se jettent à l’eau.
Dans cette interview, Pier-Alain et Pierre-Olivier nous livrent leur vision, leur expérience et leurs conseils.
Note à beuné : Créateur jusqu’au bout des doigts, Pier-Alain nous a réalisé une table en gomme jaune qu’il manipule durant tout l’entretien…
« L’entrepreneur est un éternel insatisfait » nous dit Pierre-Olivier.
Le fait de tout mettre pour […] arriver à son objectif, peu importe ce qu’il est, c’est être entrepreneur.
Pier-Alain et Pierre-Olivier sont devenus entrepreneurs le jour où ils sont entrés dans la Junior-Entreprise de EDC, il y a 5 ans.
C’est pourquoi…
Hier ils se sont lancés..
Aujourd’hui ils n’ont pas peur de poursuivre un projet d’envergure qui demande un fort investissement financier et humain, ainsi qu’une bonne dose de résistance pour que celui-ci perdure.
Apprendre à entreprendre par l’action est d’après moi primordial. En effet, mieux vaut se planter avant d’engager toute sa vie dans un projet – l’activité associative dans laquelle on mène un projet de A à Z est pour cela une excellente expérience - bien que l’échec puisse et doit, comme nous le dit Pier-Alain, être un élément de valorisation de son expérience personnelle (élément rarement évident).
Alors à quoi penser quand nous nous lançons ? souhaitons nous lancer ? sommes lancés depuis peu ?
Retenons que le réseau joue un rôle important. Pier-Alain et Pierre-Olivier s’entourent de personnes qualifiées d’où ont germés l’idée, le capital et les conseils. Il faut le cultiver !
Ensuite, les étapes de la création ont été rigoureusement suivies. Comme ils nous le disent, lorsque l’on regarde la fin, l’entreprise (dans le sens large du terme) ; l’objectif paraît gros, trop gros.
Et lorsqu’on découpe les étapes une par une, on se rend compte que le gâteau de cette entreprise est finalement mince, il n’est qu’une part du gâteau de notre vie. Imaginez alors l’effet qu’aura le reste sur votre existence… la cerise !… la chantilly !
Le reste c’est : avancer, les pieds sur terre, avec passion et envie…
Beaucoup pensent créer leur entreprise “plus tard”, dans l’attente que l’idée innovante qui assurera à leur entreprise la pérennité surgisse d’on ne sait où, au hasard d’on ne sait quelle circonstance.
En fait le statut de chef d’entreprise est admiré et il est normal que nous ayons donc (tous ?) envie d’être “patron” et cela n’a rien à voir avec la définition de l’entrepreneuriat.
Les individus désireux de créer une entreprise, leur entreprise, passeport d’entrée au “club des patrons” ne sont pas des entrepreneurs. L’entrepreneur est “patron” à défaut, ou si vous préférez pour un entrepreneur “être patron” est une conséquence de son entreprise et non un but.
Je désire créer mon entreprise ; ai-je les leviers suffisants à ma disposition : levier financier ? levier technique ? levier temporel ?..
Mauvaise question !
J’ai le levier le plus important pour entreprendre : ma volonté… ou je ne l’ai pas et je passe.
Je désire créer mon entreprise ; oui, mais je n’ai pas d’idée.
Mauvaise réflexion !
J’ai déjà l’idée : celle de devenir indépendant.
L’entrepreneur développeur, l’entrepreneur facilitateur, l’entrepreneur fonceur… peut être sans idée (innovante), cent lui viendront ensuite. Au commencement on se plaint de n’avoir aucune idée. On se plaint par la suite d’en avoir trop à concrétiser !
Jeune, vous ne vous posez pas de question une fois plongé dans le quotidien… ou dans ce cas, lancez-vous vite, l’entrepreneuriat vous prend.
Salarié, vous êtes en poste et avez bien fait un choix un jour ou l’autre : devenir salarié de l’entreprise que vous avez choisi ! Alors pourquoi ne pas déplacer légèrement le curseur de ce choix et se lancer ?
Entrepreneur, vous savez que rien n’arrive à ceux qui ne font rien, ni l’idée, ni le souci. Aussi, vous vous êtes lancé et avez cent idées.
Vous avez l’envie ?
Plutôt que de regarder le ciel et les espérances d’une idée qu’il échapperait par gentil miracle sur votre tête, regardez autour de vous. En l’entreprise on recherche des associés, des partenaires ou de la main d’œuvre volontaire et efficace (qu’elle soit micro, petite, moyenne, grande, non-lucrative, folle…)… Vous y rencontrerez d’autres personnes, partagerez leurs succès et leurs problèmes, et y apporterez votre vision pour les résoudre.
Ces expériences vous permettront de vous enrichir, d’élargir votre champ de vision pour enfin cerner cette fameuse idée innovante que vous attendez tant pour lancer votre propre aventure humaine, votre propre entreprise…
Et si encore vous doutez, comparez :
- faut-il avoir une idée pour créer son entreprise ?
- faut-il avoir une idée pour devenir salarié ?
- faut-il avoir une idée pour enfin se prendre en charge ?
Réponse : pour avoir l’idée, mouiller votre chemise. Pour mouiller votre chemise, jetez vous à l’eau.
Quand on est jeune, on se dit… “qu’est-ce que je vais faire de ma vie ?” et puis on ne sait pas alors on avance dans sa vie, on avance, on avance et on se rend compte que nous avons construit quelque chose : “j’ai un appart’ plutôt sympa, ma copine me gave un peu mais ça va, mes parents me laissent tranquilles (ce qu’il faut de tranquille), mon taf est plutôt cool, et je gagne suffisamment de blé pour sortir avec mes potes… une vie pépère en somme !”.Oui.
On se lance et on ne s’en rend pas compte, car c’est vital ! Nous y sommes obligés.
Quand on est jeune entrepreneur, on ne se dit pas… “qu’est-ce que je vais faire de ma vie ?” et puis on sait qu’on avance dans sa vie, on avance, on avance et on construit chaque jour ce pont qui nous relit à la vie : “j’ai un matelas plutôt sympa, ma copine me gave…ra quand j’en aurai une, mes parents ne me laissent pas tranquille, mon taf… mon taf… est GENIAL même si je ne gagne pas suffisamment de blé pour sortir avec mes potes, je sors quand même avec eux, je vis une aventure humaine extraordinaire, ce qui me rend extraordinaire… une vie intense !”.
Oui.
On ne se lance pas parce que c’est vital, on s’en rend compte et entreprendre devient génial.
Quand on est entrepreneur, on se dit… “qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ?” et puis on rencontre de jeunes loups (néanmoins sympathiques), on les fait avancer, on sait qu’on les fait avancer dans leur vie, et on se rend compte qu’ils construisent quelque chose d’extraordinaire dans une aventure humaine dans laquelle on est aussi embarqué… ce qui redonne du goût à notre vie… une vie de pépère intense !”.
Oui.
On se lance, on est lancé et on ne s’arrête plus une fois y avoir goûté. C’est ça l’entrepreneuriat.
Les 3 scénarios diffèrent d’un Homme à un autre, on y retrouve toutefois un squelette commun, une ligne commune.
Les 3 moralités (sans moral) sont, elles, universelles.